Les ports, les exemples de Boulogne-sur-Mer et Dunkerque

Le port de Dunkerque et les baraquements provisoires


Le gouvernement a lancé le projet de remise en état du port en mars 1945.


Toutefois, en 1947, le député communiste Pierrard constate que les travaux, tout comme les crédits, sont bien trop lents à commencer et à arriver. En cette même année, un premier bilan est dressé avec 1/3 des quais réparés, une nouvelle écluse qui est acheminée ainsi que de nombreux hangars qui sont disponibles.


Toutefois, la reconstruction est loin d’être achevée car de nombreuses grèves viennent contrecarrer cette reconstruction. De plus, malgré l’arrivée de nouveaux crédits, ceux-ci demeurent insuffisants. La concurrence est alors rude avec le port d’Anvers créant ainsi du chômage.


En 1949, la reconstruction n’est pas encore achevée et en 1952, on dénombre toujours des épaves dans le port, des ponts provisoires ainsi que des écluses non reconstruites ou en cours de reconstruction pour le port de Dunkerque.


Ce port souffre de la concurrence du port d’Anvers, ce qui amène un bilan correct pour le port de Dunkerque en 1953 mais nettement inférieur à la moyenne nationale.


L’inauguration du port a lieu au début de l’année 1955 mais, dix ans après la Libération, la reconstruction n’est toujours pas achevée.

Le port de Boulogne-sur-Mer reconstruit, Archives municipales de Boulogne-sur-Mer

La reconstruction du port est difficile à mettre en place car de nombreuses contraintes sont encore à signaler.


En effet, de nombreuses épaves et de nombreuses mines viennent contrecarrer et retarder la reconstruction du port.


On estime qu’il va falloir évacuer 1,7 millions de m3 de débris. De plus, il n’y a qu’une seule grue utilisable sur les 61 disponibles afin de reconstruire ce port.


Le port de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, doit être reconstruit rapidement et de manière efficace, tel est le souhait de la municipalité mais aussi du M.R.U.


Grâce aux progrès techniques amenés, le rendement devient probant car 243 tonnes de poissons furent débarquées en avril 1945 contre 36 tonnes en janvier de cette même année.


En 1947, 2000 mètres de quais sont à nouveau disponibles et la flotte est reconstituée à 80%. Dès lors, le secteur industriel de la pêche retrouve sa position première en cette année 1947.


Avec le Plan Vivien, le quartier industriel de Capécure est transformé en une véritable « zone industrielle du poisson ».

Quai Gambetta en reconstruction, Boulogne-sur-Mer – Pascal Bernard

Vue du port reconstruit, Boulogne-sur-Mer

Les exploitations agricoles

Une ferme reconstruite et moderne, Siracourt

Si la plupart des fermes reconstruites le sont de manière identique dans l’aspect, elles disposent des innovations techniques récentes afin de moderniser les campagnes de la région. Toutefois, certains lieux ont reçu un traitement technique et architectural particulier comme c’est le cas à Siracourt. Dans ce lieu, les architectes Battut et Warnesson ont développé l’usage du parpaing en béton, des charpentes en béton préfabriqué et des couvertures en fibrociment. De la même manière, l’exploitation agricole, tout comme le logement, est repensée notamment en ce qui concerne les annexes pour l’élevage. L ’électrification se systématise et le déploiement de l’eau courante s’effectue.

Ferme reconstruite, Audinghen – Archives départementales du Pas-de-Calais

Un bâtiment agricole reconstruit, Eperlecques – Archives départementales du Pas-de-Calais

Les usines

La reconstruction de l’industrie française est la priorité de cette période.


Cette reconstruction s’inscrit dans un contexte de modernisation. La reconstruction apparait comme une « aubaine » pour transformer les infrastructures et les outils de production.


Dans certains lieux, le personnel doit lutter pour voir son lieu de travail reconstruit car les plans économiques prévoyaient la disparition de certaines usines dans des secteurs définis comme la sidérurgie.

L’usine de Béguin dans les années 1950 avec la sucrerie reconstruite ainsi que les bâtiments administratifs, Corbehem – J.-P. Brémard

L’usine « La Boîte Métallique », Boulogne-sur-Mer – Archives départementale de Dainville

Loisirs, culture et tourisme

La vie associative est difficile à remettre en place à la sortie de la guerre notamment dans le domaine intellectuel.


Toutefois, de nombreuses manifestations culturelles reprennent vie rapidement comme le carnaval de Dunkerque. Le sport est un secteur privilégié et en plein essor à la fin de la guerre. De nombreuses infrastructures sont édifiées. Ces activités permettent d’oublier les difficultés du quotidien qui sont prégnantes. Le tourisme apparait comme le parent pauvre de la reconstruction même si la population souhaite le voir se développer. Seuls à quelques endroits, des bâtiments reconstruits y sont consacrés.

Le carnaval en 1948, Dunkerque – CCAS de Dunkerque

Le casino, Boulogne-sur-Mer – Archives de Boulogne-sur-Mer

Le stade, Boulogne-sur-Mer